Au bonheur des zèbres #2 – Amélie Poulain au pays des Barbares

Après mon premier portrait sur le bonheur des zèbres, j’ai plusieurs autres histoires à raconter – des rencontres « dans la vraie vie » ou épistolaires – mais ça ne sort pas. Alors aujourd’hui, j’ai envie de dépeindre comment le sujet creuse son sillon en moi.

J’ai décidé de commencer cette série de papiers zébrés comme je fais beaucoup de choses en ce moment : au feeling. De la lecture d’un livre de psy, spécialiste des adultes surdoués, je suis arrivée à des témoignages, à la pelle, sur un sujet qui me touche bien plus que je ne l’avais anticipé. Retour express, sur fond d’analyse et d’introspection.

Il était une norme

Toutes les discussions et les rencontres de ces dernières semaines ont mis en valeur ce double constat, complémentaire. Les zèbres ont du mal à être heureux – moi la première. Ils ne sont par ailleurs que le miroir, grossissant et complexe, des réalités sociales dans lesquelles ils s’ébattent.

Comment penser le haut potentiel sans en référer à une norme ? Et comment la définir ? Cette question n’a eu de cesse de rythmer les discussions que j’ai eues après la publication du portrait de Damien.

Je n’ai pas vraiment de position tranchée. A part que pour définir ce qu’est un zèbre, je me place au carrefour de la notion de surdoué (un individu dont l’intelligence serait considérée comme supérieure sur une échelle quantitative), de celle de haut potentiel (qui peut être ou ne pas être réalisé) et de celle du zèbre, à la fois gauche et gracieux, que donne Jeanne Siaud-Facchin.

relax

On secoue tout ça, et on obtient un drôle d’animal, au fonctionnement intellectuel et émotionnel différent – quantitativement mais surtout qualitativement. Un spécimen de la savane, qui sait parfois se fondre dans le décor et a souvent l’impression d’y détonner.

Quel rapport les zèbres entretiennent-ils avec la norme, avec le cadre, avec l’autorité, avec le sens ? Cela fait justement partie des questions que j’ai envie d’explorer, avec le bonheur en clé d’entrée.

Zèbre recherche clé des champs

Comment et où les zèbres trouvent-ils leur clé des champs ? Cette question m’anime aussi vigoureusement depuis que j’ai commencé cette série, qui ne s’est encore matérialisée que par un seul épisode, mais dont j’écris chaque jour dans ma tête un nouvel opus.

Moi qui ai refoulé cette réflexion ontologique si longtemps, je me reprends en pleine poire les témoignages des uns et des autres qui font écho à mon propre vécu. Le sentiment d’être décalée. Jamais à ma place. A côté des cases. Pas dans le cadre. L’exigence incroyable que j’ai envers moi comme envers les autres.

Chez moi, ce n’est pas la machine à scénario qui fonctionne à plein, c’est l’analyse perpétuelle. Il y a surtout l’acuité extrême de mes sens et de mes émotions. Un atout majeur, mais parfois un handicap, quand je suis comme bloquée dans ma tête ou embourbée dans ma palette hypersensible.

Des témoignages récoltés ressort que chacun se débrouille comme il peut pour composer sa solution – souvent créative, pas toujours satisfaisante. C’est cette petite musique – accordée ou dissonnante – qui m’intéresse avec Au bonheur des zèbres. Comment on aime quand on est zèbre ? Quel est notre rapport à la solitude ? A la perfection ? Qu’est-ce que ça veut dire, être résilient ou être heureux ?

Dérouiller la plume

Alors que ma plume était rouillée côté zèbres depuis plusieurs jours – malgré mon envie d’écrire et toute la matière qui s’accumule – je me suis dit que la meilleure chose à faire était de raconter ce cheminement.

La plume se dérouille justement après une semaine très intense, à tout point de vue. Riche. Dense. Prometteuse. Un jour comme aujourd’hui, je zèbre à fond. Je pense et je ressens tout à la fois. Tout se mélange. Le pro, le perso. La joie, l’inquiétude, la peine. Ça forme une espèce de gloubiboulga inconfortable. Je vois le meilleur de moi, et le pire, complètement dans ma tête, épuisée. Je pense à tout ça et cette scène surréaliste, un matin tôt, me revient en mémoire.

« Entendre résonner ces notes sur un piano, à 5h45, Gare Montparnasse, en attendant son train. Après une nuit blanche, deux jours à Bruxelles, un weekend Debout, de riches rencontres. Avant trois jours de repos et d’écriture. Faire résonner ces notes, repenser à tout ce qui a changé dans sa vie depuis. Nostalgique et heureuse. Continuer d’être à sa façon une Amélie. En plus barbare. » Au bonheur des zèbres, c’est aussi la quête d’Amélie au pays des Barbares.

A propos de Barbares, venez donc marcher, Chemin Faisant, dimanche 22 mai au Bois de Vincennes, de 13h à 17h.

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